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L’Europe des salaires et des entreprises : la concurrence faussée qui détruit l’emploi français

Introduction : une Europe économique sans Europe sociale

Depuis plus de vingt ans, l’Union européenne fonctionne sur un principe fondamental : la libre circulation des capitaux, des marchandises et des entreprises. Ce principe, présenté comme une chance pour la croissance et l’emploi, a en réalité créé une concurrence sociale et fiscale profondément inéquitable entre les pays européens.

Les Français ne sont pas opposés à l’Europe par principe.
Ils sont opposés à une Europe qui organise la mise en concurrence des travailleurs entre eux, sans règles communes, sans harmonisation sociale, et sans protection des économies nationales.

Ce chapitre vise à expliquer clairement pourquoi les entreprises quittent la France, ce que cela coûte au pays, ce que certains pays y gagnent, et pourquoi ce système n’est ni juste, ni durable.

1. L’Europe des salaires : une fracture majeure

Des SMIC radicalement différents dans un même marché

La France applique un salaire minimum parmi les plus élevés d’Europe, environ 1 766 € brut mensuel, accompagné de cotisations sociales finançant :

  • La Sécurité sociale,

  • Les retraites,

  • L’assurance chômage,

  • La protection familiale.

Dans le même temps, plusieurs pays européens, pourtant soumis aux mêmes règles commerciales, pratiquent des salaires minimums bien inférieurs :

  • Espagne : environ 1 323 € brut

  • Portugal : environ 1 015 € brut

  • Pologne : autour de 1 000 € brut

  • Roumanie : environ 650 € brut

  • Bulgarie : moins de 500 € brut

Une entreprise peut donc produire légalement à moitié prix, voire trois fois moins cher, puis vendre ses produits en France au même prix que les entreprises françaises.

C’est une concurrence structurellement faussée, tolérée par les institutions européennes.

2. Pourquoi les entreprises quittent la France

a) Le coût du travail

En France, un salarié payé au SMIC coûte en réalité beaucoup plus cher à l’employeur une fois les charges intégrées.
Dans certains pays d’Europe de l’Est ou du Sud, les charges patronales sont :

  • Plus faibles,

  • Parfois plafonnées,

  • Parfois compensées par des aides publiques européennes.

Résultat : à productivité équivalente, le coût d’un salarié peut être divisé par deux ou trois.

b) La fiscalité des entreprises

La France a fourni des efforts sur l’impôt sur les sociétés, mais reste pénalisée par :

  • Des taxes multiples,

  • Une complexité administrative lourde,

  • Des normes nombreuses et coûteuses.

À l’inverse, certains pays européens proposent :

  • Une fiscalité simplifiée,

  • Des exonérations sur plusieurs années,

  • Des zones industrielles clés en main,

  • Des aides directes à l’installation.

Les entreprises ne quittent pas la France par idéologie, mais par survie économique dans un système biaisé.

c) La liberté totale de délocalisation

Aujourd’hui, une entreprise française peut :

  • Recevoir des aides publiques,

  • Bénéficier d’allègements de charges,

  • Puis délocaliser sa production en Europe de l’Est sans aucune contrepartie.

C’est un non-sens économique et moral, vécu comme une trahison par les salariés.

3. Les conséquences pour la France

a) Des pertes massives d’emplois

Chaque délocalisation entraîne :

  • Des suppressions d’emplois directs,

  • Des pertes d’emplois indirects (sous-traitance, commerces, services),

  • Un affaiblissement des territoires ruraux et industriels.

Des régions entières ont été vidées de leur tissu économique depuis les années 1990.

b) Un coût énorme pour les finances publiques

Quand une entreprise ferme ou part :

  • L’État perd des cotisations sociales,

  • Il perd de l’impôt sur les sociétés,

  • Il doit financer le chômage,

  • Il doit compenser par des aides sociales.

Ce que la France “économise” en laissant partir les entreprises, elle le paie ensuite en dépenses sociales.

c) Une perte de souveraineté économique

Produire à l’étranger, c’est :

  • Dépendre d’autres pays,

  • Perdre le contrôle des chaînes d’approvisionnement,

  • S’exposer aux crises géopolitiques,

  • Affaiblir durablement la nation.

La crise sanitaire et énergétique a montré à quel point cette dépendance est dangereuse.

4. Qui gagne dans ce système européen ?

  • Les grandes multinationales, qui arbitrent entre les pays

  • Certains États européens, qui attirent les usines sans produire la recherche ni l’innovation

  • Les actionnaires, au détriment des salariés et des territoires

Ce système ne profite ni aux peuples, ni à la cohésion européenne.

5. Ce que la France doit exiger ou décider

Option 1 : une Europe sociale réelle

  • Harmonisation progressive des salaires minimums

  • Alignement des charges sociales

  • Conditionnement des aides européennes

  • Protection contre le dumping social

Option 2 : la protection de l’économie française

  • Conditionner toute aide publique à une obligation de production en France

  • Taxer les produits issus de délocalisations intra-européennes abusives

  • Redonner un avantage compétitif aux entreprises françaises qui produisent localement

Option 3 : redonner la parole au peuple

  • Poser clairement la question :

  • Voulons-nous rester dans une Europe qui organise la concurrence sociale, ou refonder nos règles ?

SYNTHÈSE POLITIQUE

Les entreprises ne quittent pas la France parce que les Français travaillent moins.
Elles quittent la France parce que l’Europe actuelle autorise une concurrence déloyale entre ses propres peuples.

Ce chapitre n’est ni anti-européen, ni idéologique.
Il est réaliste, factuel et fondé sur l’expérience vécue par des millions de Français.

Sans règles sociales communes, il n’y aura jamais d’Europe juste.