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Pourquoi l’Europe bloque nos pêcheurs : comprendre les quotas, les règles et les incohérences

Constat

Depuis plusieurs années, les pêcheurs français vivent une situation qu’ils jugent injuste, incompréhensible et étouffante.
La France est une grande nation maritime, mais ses pêcheurs sont parmi les plus contraints d’Europe, pendant que notre pays importe massivement du poisson pêché ailleurs.

Pour comprendre cette situation, il faut expliquer clairement comment fonctionne la politique européenne de la pêche, pourquoi elle a été mise en place, et pourquoi aujourd’hui elle ne répond plus aux réalités du terrain.

1. La Politique Commune de la Pêche (PCP) : une idée de départ louable

La Politique Commune de la Pêche (PCP) a été créée par l’Union européenne avec plusieurs objectifs affichés :

  • Protéger les ressources marines contre la surexploitation

  • Éviter la disparition de certaines espèces

  • Harmoniser les règles entre pays membres

  • Garantir un revenu durable aux pêcheurs européens

Sur le papier, ces objectifs sont légitimes.
La mer n’est pas une ressource infinie, et la pêche doit être régulée.

Mais le problème n’est pas le principe de la régulation.
Le problème est la manière dont elle est appliquée.

2. Le système des quotas : une mécanique technocratique déconnectée

Chaque année, à Bruxelles, des quotas de pêche sont décidés pour chaque espèce (cabillaud, sole, thon, maquereau, etc.).

Ces quotas sont :

  • Fixés par des négociations politiques entre États

  • Basés sur des rapports scientifiques souvent incomplets ou obsolètes

  • Répartis entre pays selon des critères historiques datant parfois de plusieurs décennies

C’est là que le bât blesse.

Des quotas figés dans le passé

La répartition actuelle des quotas repose souvent sur :

  • Des niveaux de pêche des années 70–80

  • Une Europe à 9 ou 12 pays, pas à 27

  • Des flottes qui ont depuis disparu ou évolué

Résultat :

  • Certains pays conservent des quotas élevés malgré une activité réelle faible

  • D’autres, comme la France, voient leurs pêcheurs bridés malgré une capacité et une demande existante

3. Une injustice flagrante entre pays européens

Les pêcheurs français dénoncent depuis longtemps une inégalité de traitement :

  • Certains pays bénéficient de quotas plus favorables

  • D’autres utilisent des pratiques intensives à bas coûts

  • Les contrôles ne sont pas appliqués de la même manière partout

Pendant ce temps :

  • Les pêcheurs français doivent respecter des normes parmi les plus strictes d’Europe

  • Les coûts de carburant, d’assurance, de sécurité sont plus élevés

  • La rentabilité devient quasi impossible

La concurrence n’est pas équitable.

4. L’absurdité majeure : importer ce que l’on interdit de pêcher

C’est le point que les Français comprennent le plus mal.

La France :

  • Interdit ou limite fortement la pêche de certaines espèces

  • Immobilise des bateaux

  • Verse des aides pour compenser l’arrêt d’activité

Mais dans le même temps :

  • Elle importe massivement du poisson pêché ailleurs

  • Souvent dans des conditions sociales et environnementales inférieures

  • À des prix défiants toute concurrence

On protège la ressource… mais ailleurs on la détruit.

Ce paradoxe nourrit un sentiment profond d’injustice chez les pêcheurs :

« On nous empêche de travailler, mais on remplit les étals avec du poisson étranger. »

5. Une administration lourde qui décourage les vocations

Au-delà des quotas, la pêche française est asphyxiée par :

  • Des déclarations multiples

  • Des contrôles fréquents

  • Des règles techniques changeantes

  • Une peur permanente de la sanction administrative

Beaucoup de jeunes renoncent au métier :

  • Trop de contraintes

  • Trop peu de visibilité

  • Trop peu de reconnaissance

Résultat :

  • Vieillissement de la profession

  • Fermeture de ports

  • Disparition progressive du tissu maritime local

6. Les pêcheurs français pris en étau

Aujourd’hui, le pêcheur français est coincé entre :

  • Des règles européennes rigides

  • Des coûts nationaux élevés

  • Une concurrence étrangère dérégulée

  • Une grande distribution qui impose ses prix

Il ne peut ni produire suffisamment, ni vendre à un prix juste.

7. Une question de souveraineté alimentaire et territoriale

La pêche n’est pas un secteur secondaire.
C’est :

  • Une activité stratégique

  • Une question d’indépendance alimentaire

  • Un pilier de l’économie littorale

  • Un patrimoine culturel

Dépendre à 80 % des importations pour le poisson, c’est :

  • Fragiliser notre sécurité alimentaire

  • Détruire des emplois locaux

  • Abandonner des territoires entiers

8. Ce que les Français doivent se demander

Les citoyens ont le droit de poser ces questions simples :

  • Pourquoi la France ne décide-t-elle plus de sa politique de pêche ?

  • Pourquoi nos pêcheurs sont-ils pénalisés chez eux ?

  • Pourquoi importer ce que nous savons produire ?

  • Pourquoi les décisions sont-elles prises loin des ports, sans les professionnels ?

9. Le fond du problème : une Europe devenue trop centralisée

Le problème n’est pas la coopération entre pays.
Le problème est une centralisation excessive, déconnectée du terrain.

Quand les décisions sont prises :

  • Par des technocrates

  • Sur des tableaux Excel

  • Sans dialogue réel avec les professionnels

Alors le système se retourne contre ceux qu’il est censé protéger.

SYNTHÈSE POLITIQUE

Les pêcheurs français ne demandent pas l’anarchie.
Ils demandent :

  • Des règles justes

  • Des quotas réalistes

  • Une concurrence équitable

  • Le droit de vivre de leur travail

La question n’est donc pas seulement maritime.
Elle est politique, économique et démocratique.

Soit l’Europe se réforme profondément sur la pêche,

Soit la France devra reprendre la main sur un secteur vital.